Accueil - Contact

Avertissement :

D’éventuelles ressemblances entre des personnages fictifs de « Tire-toi de mon Soleil » et des personnes ayant existé, en Algérie ou ailleurs, entre mars et juillet 1962, ne sauraient être fortuites. En ce qui concerne les « événements », j’ai pris le plus grand soin à m’appuyer sur des faits incontestables. S’il m’a fallu interpréter parfois des zones d’ombre de cette période, et Dieu sait qu’il y en a, je ne pense pas l’avoir fait au détriment de la vérité, bien au contraire, et je suis prêt à en débattre avec tout un chacun.
Ces choses étant dites, je ne suis ni historien ni militant, et « Tire-toi de mon Soleil » n’est ni un livre d’Histoire sur la guerre d’Algérie, ni un recueil de revendications au profit de quiconque.  
Si je dois avouer un objectif autre que la simple satisfaction du lecteur, c’est que « Tire-toi de mon Soleil » contribue à créer l’envie d’une histoire plus nuancée de la guerre d’Algérie. Nous en avons sans doute besoin en France, mais les Algériens en ont certainement encore plus besoin que nous. 

Quelques indications sur « Tire-toi de mon Soleil »

« Tire-toi de mon Soleil » est un roman que j’ai construit à partir de l’assassinat horrible d’une jeune femme et de ses enfants, le 1er mars 1962, à Mers-el-Kébir, à quelques jours des accords d’Evian qui signaient la fin de la guerre d’Algérie.

Pour que les choses soient claires, et pour couper court à certaines confusions bien compréhensibles, je tiens à préciser que la trame policière proprement dite du roman, qui en constitue le fil rouge, est une fiction : l'inspecteur Miranda n'a existé que dans mon imagination, et, à ma connaissance, aucune enquête n'a été menée à l'époque sur cet assassinat.

Pour en revenir à l'essentiel, J’avais 14 ans à l’époque de ce crime, et depuis, il n’y a pratiquement pas de jour où je ne pense à cette journée de cauchemar, au pauvre arabe que j’ai vu de ma fenêtre se faire tuer dans la ruelle, en face de chez moi. A Tarzan, que j’ai appelé Mahmoud dans le roman, et qui était à l’école avec moi. A Charles, qui était mon copain, toujours premier, et moi derrière. Toutes ces morts dérisoires.

Ce livre, je l’avais en tête depuis longtemps, mais, au fur et à mesure que je l’écrivais, il a pris une dimension que je n’avais pas prévue au départ. En fait, je ne savais pas que j’avais en moi une vraie rage à force de lire ou d’entendre, dès que l'on évoque la guerre d’Algérie, une version officielle péremptoire qui se réduit d’un côté à une armée française de tortionnaires, venue défendre les intérêts de colons, exploiteurs cyniques d'indigènes naïfs et sans défense, et de l’autre à un mouvement de résistance magnifique et unanime. Bien sûr, il y a eu des tortures, mais dans les deux camps, et plus dans l’autre que dans l’un, bien sûr il y a eu des combattants magnifiques et sincères de l’indépendance de l’Algérie, qui le nie ? En tous cas pas les militaires français qui les ont combattus avec respect. Mais les harkis, traîtres pour les Français, traîtres pour les Algériens ? Allons, c’est bien plus compliqué que cela ! Et les pieds-noirs, des colons, des fascistes, et quoi encore ? Et le FLN, une armée de purs au service exclusif du Peuple Algérien ? Ben voyons ! Et le Général de Gaulle, pas la moindre réserve sur sa gestion froide du processus d’indépendance de l’Algérie ? On sait bien que non !
Dire ces évidences dans un livre « sérieux » vous cloue au pilori de la bien pensance et le condamne à l'autadafé. C’est pour cela que le format d’une enquête policière s’est imposé, avec ses personnages fictifs auxquels on ne saurait reprocher, puisque c'est justement leur fonction, d'avoir déterré quelques cadavres profondément enfouis dans l’inconscient collectif de la guerre d’Algérie : les harkis qu’on a laissé massacrer, et dans quelles conditions, les lâchetés de pratiquement toute la classe politique et médiatique française, les « accords » d’Evian qui n’en ont jamais été, les tueries la rue d’Isly ou du 5 juillet à Oran, les assassinats ordinaires, l’exode et l’accueil indigne fait aux pieds-noirs en Métropole, les règlements de compte… Côté historique, tout ce que je raconte s’est vraiment passé. Bien sûr, les « héros » du livre, je le répète, sont des fictions, mais c’est tout comme.  

Alors lisez « Tire-toi de mon Soleil ». Si ce que j’ai écrit ne vous plait pas, tant pis. Mais si vous pensez que "Tire-toi de mon Soleil" peut contribuer à servir la vérité - il est plus que temps, ne croyez-vous pas ?, faites du « buzz », comme on dit. Et qui sait, au delà d'une reconnaissance que les protagonistes de la guerre d'Algérie se sont lassés de revendiquer, peut-être qu’un jour on parlera sereinement de la France en Algérie, et de l'Algérie en France ?

Très sincèrement.

Pour accéder à "Tire-toi de mon soleil" :

http://www.notrejournal.info/journal/tire-toi-de-mon-soleil